AVANT-PROPOS



On a beaucoup écrit sur la Résistance. L'une des difficultés de la recherche sur ce sujet est d'ailleurs d'embrasser l'énorme masse de littérature qu'il a suscitée. Mais, si l'on veut aller au-delà des vues trop générales ou trop partielles, force est de constater un vide certain. L'abondance des témoignages cache la quasi-absence de monographies de mouvements et plus encore de réseaux ainsi que celle des études locales non hagiographiques. Il y a beaucoup de récits et peu d'histoires. L'étude de la Résistance sur ce plan ne fait que commencer.

Il est possible de le vérifier tout particulièrement pour la Résistance provençale dont les lacunes ne se comblent que lentement et qui n'a bénéficié que d'un nombre de témoignages finalement assez réduit de la part de ses acteurs locaux. La chose n'est que partiellement compensée par la multitude de récits qui évoquent cette région sous la plume de témoins - souvent très importants - qui n'y ont séjourné que quelque temps ou qui en ont une vision extérieure. Ces insuffisances expliquent les erreurs commises à son sujet dans des ouvrages généraux.

Dans le lot provençal, le Var est sur ce plan très mal pourvu, lui qui n'apparaît guère qu'à travers le sabordage de la flotte et le débarquement du 15 août 1944. Cette lacune est l'une des raisons qui justifient ce travail. Comme on peut s'en douter, il y en a d'autres dont la moindre n'est pas la curiosité pour un terroir dont on est issu, pas seulement par le hasard d'une naissance, mais aussi par l'appartenance à une sous-culture qui a toujours valorisé la politique et qui, à l'évidence, est en voie de disparition. Cela ne nous empêchera pas de considérer le cadre départemental comme un prétexte et une commodité de recherche. Le département est une construction trop artificielle pour satisfaire l'historien qui sait trop bien que le mouvement des hommes, des choses et des idées ignore ses limites et qu'il s'insère d'abord dans une région. Le particularisme politique varois est une réalité qu'il ne faut pas exagérer, même si l'on s'y réfère volontiers dans l'Entre-deux-guerres. Il est clair que c'est d'un phénomène régional qu'il s'agit. Par conséquent, nous serons amenés à déborder les limites départementales pour la nécessaire compréhension d'une Résistance dont la réalité dépasse parfois ce cadre. L'échelon de commandement régional acquiert rapidement une importance majeure que reflètent les structures des organisations clandestines. L'époque est, de plus, un moment d'intense circulation des hommes et même, on le verra, de groupes entiers.

À vrai dire, plus que l'étude du Var dans la Résistance, nous avons essayé de faire celle de la Résistance dans un lieu certes privilégié, c'est-à-dire à une étude à visée un peu plus large, en espérant qu'elle puisse contribuer à fortifier certaines hypothèses émises par d'autres ailleurs, en d'autres lieux et sur d'autres plans. Nous n'avons pas pu (ou pas su) profiter de tous les travaux sur ce thème ou un thème voisin qui ont vu le jour, mais nous avons essayé chaque fois que possible de dépasser le cadre monographique. Nous sommes donc redevables à beaucoup d'historiens, à commencer par ceux qui ont fouillé le Var des époques antérieures et qui ont permis de replacer parfois - et malgré la singularité du moment - ce travail dans la longue durée. Nous n'avons pris connaissance du remarquable ouvrage de Roderick Kedward1 qu'après avoir rédigé l'essentiel de nos chapitres et nous nous sommes rendu compte de la convergence de certaines de nos analyses avec ce travail pionnier.
Claude Bourdet a dit combien le gonflement de l'aspect mythique de la Résistance a falsifié son aspect historique2. Rien n'a changé aujourd'hui, sinon que d'autres falsifications autrement inquiétantes tendent à s'interposer. Après d'autres, nous écornerons donc quelques idées reçues. La définition de la Résistance ne peut être que large pour rendre compte d'un phénomène non homogène, dynamique et, malgré tout, massif. La meilleure est celle de Michel Debré pour qui elle "englobe toute action de lutte, quelle qu'elle soit, dirigée contre l'envahisseur, contre le régime de Vichy et contre les Français qui furent à ses ordres"3. La Résistance n'a donc pas commencé avant l'heure, c'est-à-dire avant juin 1940, ce qui n'empêchera pas de vérifier que les antinazis de l'avant-guerre, communistes, socialistes, militants des Nouvelles Equipes Françaises, etc., ont fourni nombre de résistants actifs. Mais pas forcément tout de suite, et pas seuls, même s'ils sont les plus nombreux. Parmi eux, comme Pierre Laborie l'avait déjà fait remarquer dans la plus suggestive des études départementales de la période4, les "munichois" fourniront aussi leur lot de résistants.

Nous ne décrirons pas en détail les aspects militaires de la Résistance. Ils seront évoqués dans la mesure où ils concernent l'analyse politique. Il n'y a aucune volonté paradoxale dans cette mise en exergue du politique qui peut choquer des résistants. Même si la Résistance ne se veut pas politique, elle est politique et contribue d'ailleurs énormément à ce que ces années-là soient parmi les moments où la politisation a été la plus générale. Politique, la Résistance l'est encore plus de ce côté-ci de la ligne de démarcation et il y a trop souvent beaucoup d'arbitraire à séparer les partis politiques des mouvements de Résistance (même si les résistants sont responsables de cette séparation). Encore plus consciemment que par le passé, dans le type de lutte que mène la Résistance, le politique commande au militaire et les nécessités du combat en convainquent bien des résistants, y compris ceux qui viennent d'horizons marqués par une tradition d'apolitisme affirmé. Au fil des mois, la prise de conscience de cette dimension politique ne cesse de progresser.

Essayer de débarrasser la Résistance des lieux communs qui encombrent son histoire, ce n'est que vouloir la replacer dans son contexte. Contexte chronologique, la querelle sur les dates d'entrée en Résistance n'a pas grand sens pour l'histoire. Contexte socio-culturel, Maurice Agulhon a montré comment l'archaïsme et la modernité se conjuguent dans un mouvement de masse5 et la Résistance n'y échappe pas. Elle se construit et incorpore des archaïsmes et l'on sait bien que cette période de guerre, de dictature et d'occupation permet une remontée dans le temps dont on trouve trace dans tous les domaines. Dans la même optique, nous nous refuserons à certains anachronismes. Par exemple, nous n'accorderons pas aux femmes une place qu'elles n'ont pas eu (ce qui ne veut évidemment pas dire qu'elles n'en ont eu aucune ou seulement mineure). On ne sacralisera pas plus la "classe ouvrière" que telle ou telle autre catégorie de la population.

Peut-être choquerons-nous en faisant une large place à la désunion d'une Résistance qui n'était ni simple, ni homogène. Mais c'est là le simple respect du contexte politique. C'est la raison pour laquelle nous essaierons, autant que faire se peut, d'insister sur la dimension temporelle car la Résistance est une construction permanente. Elle n'est donc pas partie un certain jour d'un certain lieu pas plus qu'elle ne s'est développée régulièrement à partir de ce centre. Nous avons résolument pris ce parti chronologique, malgré les risques de répétition et de lourdeur. Il fallait replacer les faits dans la durée, précisément parce que la période est courte. Comme dans toutes les périodes de crise, les évènements vont vite et ont, en particulier par la radio, des conséquences immédiates. On jongle trop souvent pour cette période avec les dates. Cette présentation des faits qui est fréquente chez les témoins - ce qui se conçoit - est plus gênante chez des historiens qui donnent une unité fictive à l'action des hommes, des mouvements ou des partis. Il n' y a pas eu de bloc résistant unique. "La" Résistance et les résistants ont évolué, comme ont évolué leurs adversaires aussi peu homogènes dans leurs composantes et leurs attitudes qu'eux-mêmes dans les leurs.

Replacer cette Résistance dans son contexte a amené à essayer de cerner le cheminement de cette catégorie indéfinissable que l'on appelle l'"opinion". On reviendra sur ce que l'on entend par là, mais cette nécessité nous a conduit à tracer en préalable pour chaque tranche chronologique un tableau de ce que nos sources permettent de connaître d'un état d'esprit sans cesse en mouvement.

Il n'est pas facile de se faire l'historien de la Résistance. D'abord parce que l'on sait la fragilité et l'insuffisance des sources à partir desquelles on travaille. C'est une banalité que de dire que tout témoignage est irremplaçable, mais c'est pourtant une vérité élémentaire qui hypothèque toute histoire de la Résistance. On sera donc toujours injuste à l'égard des résistants qui n'ont pu témoigner, et, tout particulièrement, à l'égard de ceux qui sont morts au cours du combat. L'histoire de la Résistance est singulière. Elle ne peut être neutre, et, encore moins, insensible, d'autant que, derrière les faits et derrière les noms, on met des visages, des voix, des attitudes. L'historien de la Résistance fait obligatoirement partie de ces historiens qui entretiennent vis-à-vis des hommes et des femmes dont il parle un rapport qui va au delà du rapport de sympathie habituel pour le sujet que l'on étudie. C'est une responsabilité supplémentaire. Même s'il ne partage pas leurs vues, l'historien ne peut qu'avoir un infini respect pour ceux qui ont risqué leur liberté et leur vie et qui ont fait passer, à un moment donné, l'intérêt général avant leurs intérêts égoïstes. Contrairement à ce que le sens commun croit, il sait que bien peu ont profité de ce qu'ils ont fait. Il a vu, dans sa quête, beaucoup de modestes et beaucoup moins de matamores que l'on imagine. Il a souvent rencontré des gens simples, mais des gens de qualité et, donc, de conviction.

L'historien de la Résistance est un héritier. Sur un plan général, bien entendu, surtout s'il appartient à une génération comme la nôtre qui n'a eu de cesse de proclamer sa filiation et sa dette à l'égard des résistants en allant parfois jusqu'à vouloir les mimer. Mais l'historien de la Résistance est aussi un héritier parce qu'ils lui ont confié un pan de leur mémoire et, parfois, l'espoir de reconnaissance que la Nation ne leur a pas toujours donné. C'est du moins ce qu'ils pensent souvent et c'est une autre responsabilité.

Pourtant, surtout s'ils n'ont pas vécu la période, "les Historiens disent tout autre chose que ce qu'on voudrait, que ce que les condamnés, les vaincus, ceux qui déjà ne vivent plus que dans l'espoir d'un avenir voulu par eux jusqu'à la mort, ont souhaité passionnément qu'ils disent avec le recul des temps"6. Notre travail ne sera pas une hagiographie. Il se veut tout simplement critique. Notre ambition est de traiter de l'histoire toujours "chaude" de la Résistance comme celle de tout autre phénomène éloigné dans le temps, non pas de façon dépassionnée, mais avec un certain recul.

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Dans ce préambule, il reste à dire sur quelles sources nous avons travaillé. On sait que la période a généré et continue de générer des sources abondantes, écrites ou orales. Cette abondance est une des premières difficultés à surmonter, surtout lorsque l'on se refuse à fabriquer sur mesure son objet de recherche et que l'on estime indispensable d'embrasser le maximum de documentation. On se heurte alors à la dispersion de ces sources, celle des témoins et celle des fonds publics ou privés. Ce travail de collecte, particulièrement long, s'apparente assez à celui de l'ethnologue qui doit capter la confiance de ses interlocuteurs et qui s'implique donc personnellement, étant lui aussi acteur et pas seulement scribe. L'enquête orale est une nécessité, mais elle suppose une connaissance approfondie de l'objet de recherche, et donc "postule impérativement"7 la recherche des sources écrites. Il n'y a pas de hiérarchisation entre les unes et les autres qui doivent être soumises aux mêmes règles critiques, à ceci près que l'écrit est irremplaçable pour fixer la chronologie.  
Plus de 400 témoignages ont été utilisés, certains recueillis par le Comité d'Histoire de la 2e Guerre mondiale et, en particulier, par notre prédécesseur comme correspondant de ce comité dans le Var, Victor Masson8, d'autres obtenus par des associations d'anciens résistants, l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance du Var surtout qui nous a apporté une aide inestimable. Nous en avons récolté directement nous-mêmes plus de la moitié, témoignages oraux (160 environ, parfois enregistrés) ou écrits (74). Cette liaison directe suppose la confiance. Elle n'a pas été obtenue d'emblée. Notre action auprès de résistants en a rendu méfiants certains autres. Cet engagement et les contradictions qu'il crée, les portes qu'il ferme ou qu'il ouvre ne sont pas sans effet sur le corpus de témoignages utilisés. Grâce à l'ANACR, nous avons pu mesurer la part des communistes et des FTP dans la Résistance locale, alors que les témoignages recueillis jusque-là faisaient une impasse sur eux. Une histoire aussi remarquable que celle d'Henri Noguères montre en ce qui concerne la Provence combien cette lacune est dommageable9. Mais la reconnaissance que l'on a, les liens d'amitiés qui se sont noués n'impliquent pas de concessions, y compris au risque de décevoir. Construite en grande partie sur le témoignage, l'histoire de la Résistance doit savoir qu'elle court le risque d'injustice par rapport à tous ceux qui y ont participé et que l'on n'a pas pu rencontrer, et en premier lieu à l'égard des disparus. Le plus large échantillonnage possible est indispensable de façon à ne pas tomber dans le travers de beaucoup de témoins qui, à partir de leur expérience forcément restreinte, ont quelque peu tendance à généraliser. On a là l'une des sources du mythe des "résistants de la dernière heure" par exemple.

Histoire de militants et d'une période qui constitue un temps fort de leur vie (et donc de leur mémoire), elle accentue forcément l'une des tendances naturelles de l'historien qui est de donner, surtout dans un tel milieu, une image trop idéologique de ce qu'il étudie et une cohérence que les acteurs ne perçoivent pas eux-mêmes. Il n'en reste pas moins que l'on se doit d'aller au-delà des comportements et des mots pour chercher les stratégies qui se profilent, que les témoins n'ont pas forcément vues ou que la mémoire "institutionnelle" a occultées. Ce dernier travers ne doit pas être surestimé. Il joue moins, à notre avis, que le phénomène "naturel" de construction du souvenir qui s'est figé très tôt dans les années qui suivent les évènements, d'après ce que l'on peut savoir grâce à des témoignages recueillis à plusieurs années de distance par des interlocuteurs différents. Il n'est pas facile de faire sortir les témoins du discours préconstitué.

Malgré sa richesse, la source représentée par les témoignages comporte des lacunes. Elles concernent certains pans de la Résistance plus que d'autres. C'est ainsi que les réseaux restent - mais n'est-ce pas par nature ? - auréolés de mystère. Plus généralement, la mémoire sélectionne les temps forts. Coincée entre les souvenirs intenses de la guerre proprement dite et ceux de l'occupation, la période 1940-1942 (les années de désespoir, de rétraction ou d'errement) représente un creux de la mémoire. Les pionniers risquent d'être les oubliés.

Les sources écrites suivent à peu près la même variation chronologique. On ne s'en étonnera pas pour les documents internes à la Résistance. Ceux-ci sont plus nombreux qu'on ne l'imagine. La chance a permis de trouver des fonds privés qui complètent ce que le Comité d'Histoire de la 2e Guerre mondiale avait pu rassembler. Ces documents constituent, bien entendu, la source la plus précieuse pour un travail sur la Résistance. Mais les documents émanant des institutions constituent une masse sur laquelle on ne peut faire l'impasse. Elle accuse le même creux pour les premiers mois de cette histoire, puis enfle au fur et à mesure des semaines. Plus le régime perd en popularité, plus il produit de papier. Pierre Laborie a déjà noté "l'extraordinaire paperasserie du régime de Vichy à l'écoute permanente des réactions de l'opinion"10. Un régime totalitaire se mesure au volume de cette production destinée à surveiller, contrôler, encadrer. Pour le seul département du Var, c'est par milliers que se comptent notes et rapports émanant surtout des services de police, de la gendarmerie, du contrôle postal et téléphonique, de l'administration préfectorale et municipale. Cette documentation est indispensable pour fixer les cadres chronologiques de l'évolution de l'opinion, mais aussi pour mesurer le développement de la Résistance, connaître son implantation, ses actions et sa propagande. C'est à partir de là surtout que l'on a pu constituer des instruments de travail difficilement publiables, mais qui sous-tendent plusieurs parties de cette étude, à savoir

- un recensement chronologique des actes de Résistance,

- un corpus des feuilles clandestines,

- un fichier des résistants pourvus de responsabilités.

L'ensemble des sources a permis de rassembler des renseignements biographiques sur les résistants les plus marquants. Il est partiellement utilisé pour compléter les notices des militants ouvriers varois que Jacques Girault rédige pour le Dictionnaire du mouvement ouvrier français 1919-1939 11.
La documentation que nous avons rassemblée comporte évidemment des lacunes. Certaines sources (policières ou militaires) sont toujours inaccessibles. Il reste nombre de témoins à rencontrer. Le travail d'enquête sur les mouvements de collaboration effectué pour le Comité d'Histoire de la 2e Guerre mondiale a permis cependant de consulter les importants fonds judiciaires de la Libération. En revanche, nous n'avons pas pu travailler sur les archives italiennes ou allemandes et c'est là certainement l'une des faiblesses de cette "recherche individuelle de type artisanal"12.

 

 

Remerciements

Ce travail n'aurait pas été possible sans le concours de très nombreuses personnes, trop nombreuses pour qu'elles soient toutes citées.

Notre dette est considérable à l'égard des dizaines de témoins et acteurs qui nous ont reçu et nous ouvert leur mémoire et leurs archives. L'aide de l'A.N.A.C.R. et de ses dirigeants, en premier lieu le regretté Joseph Bessone, mais aussi les toujours actifs Lina Michel, Paul Raybaud et Georges Tilman, a été extrêmement précieuse. Les sections de Sainte-Maxime, Saint-Tropez, Cogolin-Grimaud, Draguignan, Aups, Flayosc, Barjols, Fayence et sa région, Carnoules ont apporté une contribution irremplaçable. Parmi ceux qui nous ont confié des documents de grande importance, nous tenons à citer particulièrement Mesdames Jean Despas, Gendraud, Reynier, Viretto, Messieurs Marcel Audema, Gabriel-Henri Blanc, Louis Blésy, François Caparros, Fernand Cauvin, André Claverie, Lionello Diomelli, Emile Gaffino, le docteur Angelin German, Gianoni, le général Lions, Dominique Logiacco, René Merle, Antoine Pelletier, Fernand Roustan, Roger Taillefer, François Salvatori, Gleb Sivirine, Daniel Ungemacht-Benedite, Galiano Zara, Alexandre Zurletti.

Le personnel des dépôts d'archives que nous avons longuement fréquentés mérite toute notre reconnaissance. Notre gratitude va, en premier lieu, comme il se doit, aux dévoués fonctionnaires du service des Archives départementales du Var, dirigé par Madame Martella, et à son directeur honoraire, Robert Allain, qui n'a cessé de nous faciliter la tâche. Elle va aussi au service analogue des Bouches-du-Rhône et d'abord à notre collègue et ami, Christian Oppetit, directeur adjoint, dont la connaissance des fonds est une aubaine pour le chercheur.

 L'amitié de Jacques Girault m'a valu d'accéder à maints renseignements sur les militants ouvriers du Var que personne ne connaît aussi bien que lui et, très généreusement, aux témoignages qu'il recueillait de son côté.

En m'accueillant dans son Comité d'Histoire de la 2e Guerre mondiale, Henri Michel m'a ouvert les voies de la recherche sur cette période. Je ne savais pas encore que je me pencherai un jour sur son activité militante. Je dois beaucoup au travail effectué par Victor Masson, lui aussi acteur de l'histoire et historien qui a accumulé des témoignages précieux au cours de sa longue "carrière" de correspondant départemental du Comité d'Histoire et m'a toujours fait part, en pleine confiance, de ses trésors.

Sur de nombreux plans, ma dette est lourde vis-à-vis de l'Institut d'Histoire du temps Présent que dirige François Bédarida, non seulement parce que son personnel, parfois des anciens du Comité d'Histoire, n'a jamais mesuré son dévouement - et je pense particulièrement aux archivistes Françoise Mercier et Anne-Marie Pathé - mais aussi parce que c'est un lieu de recherche exceptionnellement stimulant. Les enquêtes et les débats avec leurs animateurs Denis Peschansky, Robert Frank, Claude Lévy, Jean-Pierre Rioux et Henry Rousso au premier chef, les échanges avec mes collègues, correspondants départementaux, m'ont ouvert maints horizons.

Ma dette est d'une nature comparable vis-à-vis d'Emile Témime, Gérard Chastagnaret et des équipes qu'ils animent, mais, en plus, c'est à leur amicale pression et à celle de Philippe Joutard que ce travail doit d'avoir été mené, sinon à bien, du moins à son terme.

Je remercie, de plus, Alain Beyma pour l'aide technique, aussi patiente que compétente, apportée à la réalisation de ce travail.

 

 

 

 

 

Table des abréviations et des sigles

Abréviations employées en notes

Arch. : archives

AD : Archives départementales

ADV : Archives départementales du Var

ADBdR : Archives départementales des Bouches-du-Rhône

AN : Archives nationales

SHA : Service historique de l'armée

SHM : Service historique de la Marine

CHG : Comité d'histoire de la 2e Guerre Mondiale

IHTP : Institut d'histoire du temps présent

Gend. : gendarmerie

Rens. gén. : Renseignements généraux

Pol. spéc. : Police spéciale

Sigles politiques et syndicaux d'avant-guerre

AF : Action Française

CFTC : Confédération française des travailleurs chrétiens

CGT : Confédération générale du travail

PCF : Parti communiste français

PCI : Parti communiste italien

PCE : Parti communiste espagnol

PPF : Parti populaire français

PSF : Parti social français

SFIO : Section française de l'Internationale ouvrière

UD : Union départementale

UL : union locale

UPI : Union populaire italienne

URD : Union républicaine démocratique

VO : Voix ouvrière

Sigles liés à Vichy ou à l'occupant

COSI : Comité ouvrier de secours immédiat.

GFP : Geheim Feldpolizei.

GMR : Groupe mobile de réserve

GTE : Groupement de travailleurs étrangers

JFOM : Jeunesse de France et d'Outre-Mer

LVF : Légion des volontaires français contre le bolchevisme

OPA : Office de placement allemand

OVRA : Opera vigilanza repressione antifascismo

RNP : Rassemblement national populaire

SA : Sturmabteilungen (Sections d'assaut)

Sipo-SD : Sicherheitspolizei- Sicherheitsdienst

SOL : Service d'ordre légionnaire

SS : Schutzstaffel (Sections de protection)

ST : Surveillance du territoire

STO (ou SOT) : Service du travail obligatoire

Sigles liés à la Résistance extérieure et aux Alliés

BBC : British Broadcasting Corporation

BCRA : Bureau central de renseignements et d'action

DGSS : Direction générale des services spéciaux

IS : Intelligence Service

OSS : Office of Strategic Service

SOE : Special Operations Executive

SPOC : Special Projects Operations Center

Sigles liés à la Résistance intérieure non communiste

AI : Action immédiate

AP : Action politique

AS : Armée secrète

CAS : Comité d'action socialiste

CD : Comité directeur (MUR-MLN)

CDM : Camouflage du matériel de guerre

CFL : Corps francs de la Libération

CNR : Conseil national de la Résistance

COPA : Centre des opérations de parachutage et d'atterrissage

DMR : Délégué militaire régional

DMZ : Délégué militaire de zone

FUJ : Forces unies de la jeunesse

FUJP : Forces unies de la jeunesse patriotique

GAM-GAD : Groupes d'action militaire - groupes d'auto-défense

GARV : Groupement d'avant-garde républicaine

GF : Groupe franc

MLN : Mouvement de Libération nationale

MNRPG : Mouvement national de Résistance des prisonniers de guerre

MOF : Mouvement ouvrier français

MUR (ou MRU) : Mouvements unis de la Résistance

NAP : Noyautage des administrations publiques

ORA-OMA : Organisation de Résistance de l'armée - Organisation militaire d'action

R2 : région provençale des MUR

ROP : Renseignement-organisation-propagande

SAP : Section d'atterrissages et de parachutages

SG : Secrétariat général (MUR-MLN)

SR : Service de renseignement

SSM-TR : Service de sécurité militaire - Travaux ruraux (Contre-espionnage)

URAC : sigle local d'un groupe CFL de Toulon (signification précise inconnue)

Sigles liés à la Résistance communiste

CE : commissaire aux effectifs (FTP)

CMR : Comité militaire régional

CO : commissaire aux opérations (FTP)

FN : Front national

FTPF : Francs-tireurs et partisans français

FTP-MOI : Francs-tireurs et partisans - Main d'oeuvre immigrée

...IR : interrégional

JC : Jeunesse communiste

M.P. : Milices patriotiques

O.P. : Organisation-propagande

O.S. : Organisation spéciale

P. : le Parti

...R. : régional

T. : technique

Sigles liés à la Libération ou à l'après-Libération

ANACR : Association nationale des anciens combattants de la Résistance

CDL : Comité départemental de la Libération

CLL : Comité local de Libération

CRS : Compagnie républicaine de sécurité

FFI : : Forces françaises de l'intérieur

FFL : Forces françaises libres

FNDIRP : Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes

FRS : Forces républicaines de sécurité

IN : insurrection nationale

MRP : Mouvement républicain populaire

MURF : Mouvement unifié de la Renaissance française

RPF : Rassemblement du peuple français

UDSR : Union démocratique et socialiste de la Résistance

UFAC : Union française des anciens combattants

UFF : Union des femmes françaises

 

1. H. R. KEDWARD, Resistance in Vichy France, a study of ideas and motivation in the Southern Zone 1940-1942, Londres, 1978.

2C. BOURDET, L'aventure incertaine, de la Résistance à la restauration, Paris, 1975, p.20.

3. M. DEBRÉ,Trois Républiques pour une France, Mémoire 1: Combattre, Paris, 1984, p.258.

4. P. LABORIE, Résistants, vichyssois et autres, l'évolution de l'opinion et des comportements dans le Lot de 1939 à 1944, Paris, 1980, p.50

5. M. AGULHON, La République au village, Paris, 1970, en particulier.

6. L. FEBVRE in H. MICHEL et B. MIRKINE-GUETZÉVITCH, Les idées politiques et sociales de la Résistance, Paris, 1954, p. XI.

7. P. JOUTARD, Ces voix qui viennent du passé, Paris, 1983, p. 220.

8. Son fonds d'archives est déposé aux Archives départementales du Var. Nous le signalerons sous son nom. Il est parfois commun avec les dossiers que le Comité d'Histoire a constitués (qui forment aujourd'hui le fonds 72 AJ des Archives nationales).

9. Histoire de la Résistance en France, Paris, 5 tomes à partir de 1967.

10. P. LABORIE, op. cit. p. 372.

11. Fondé par J. MAÎTRON et dirigé par C. PENNETIER, Paris, tome 16 et  suivants. Les militants qui ont une notice dans cet ouvrage, ainsi que les résistants, parfois les mêmes, pour lequel nous faisons un bref aperçu biographique en annexes seront signalés par un astérisque.

12. P. LABORIE, op. cit. p.368.