CINQUIÈME PARTIE

LA RÉSISTANCE,
DU LÉGENDAIRE À LA PEUR DE L'OUBLI

 

Le légendaire apparaît avec la Résistance elle-même et s'affirme au fur et à mesure de son action. Il est partie prenante du phénomène exceptionnel que constitue la Résistance et, donc, de sa mémoire. Après la Libération, du sentiment précoce d'une exclusion et d'une incompréhension, de la conscience d'avoir joué, malgré tout, un rôle historique dont la portée dépasse les seules années de guerre, de la certitude d'avoir constitué un exemple, naît très vite la volonté de sauvegarder ce qui fait la spécificité, l'apport, l'honneur de la Résistance et des résistants, quitte à donner de ceux-ci une définition élastique ou restrictive selon les moments et les objectifs. Les résistants, du moins ceux qui se veulent toujours tels, entendent refuser le modèle “ ancien combattant ” de leurs pères - tout en copiant leur action revendicative - pour rester des combattants.

Pas plus que la lutte ne s'est terminée pour eux avec la Libération, elle ne se termine avec la Victoire. Si la masse, déçue, s'est démobilisée ou se démobilise peu à peu, ils entendent rester sur la brèche. Ils ont conscience d'avoir un rôle civique à jouer et, souvent aussi, un rôle politique. Avant-garde, élite ou parfois secte, ils aspirent à être suivis par la masse, comme dans la clandestinité, tout en se voulant différents et en cultivant leur singularité.

Mais les anciens résistants restent aussi divisés que sous l'Occupation. Ils reproduisent volontiers le chassé-croisé unité/division, oscillant sans cesse entre l'anathème et l'appel à l'union, selon les lieux et les moments. Ils sont tous marqués par ce qu'ils ressentent comme l'échec de la Libération. Cet échec, ils l'analysent différemment selon leurs options, mais, avec en tête, qu'il y a eu trahison quelque part. Conscient de la minorité qu'ils étaient pendant la Résistance, ils ont tendance à réduire encore le nombre des “ purs ” et à en exclure tous ceux qui n'étaient pas avec eux. Les “ mauvais ” ou les “ faux ” résistants, ce seront les autres. Minorité dans le pays, et minorité divisée, ils sont très rapidement sur la défensive, au fur et à mesure que le pouvoir politique leur échappe ou conduit à des compromissions. L'acteur pessimiste transparaît sous l'historien dans la vision qu'Henri Michel donne des rapports de la Résistance et de la population :

“ Les Résistants ont toujours constitué une minorité et..., par le jeu du libre suffrage, ils donnaient automatiquement la parole à la masse de ceux qui, sous l'occupation, s'étaient bornés à vivre, au mieux, dans l'attente de jours meilleurs. Cette majorité d'attentistes, demeurés en dehors du brassage d'idées de la Résistance, ne pouvaient pas pardonner à celle-ci d'avoir eu raison et de les avoir sauvés eux-mêmes. ”1

Significatif de la période où il est écrit (1954), ce jugement correspond aussi à une mentalité largement partagée2.

Le légendaire résistencialiste cache souvent une position moins assurée. Si les résistants y participent et l'entretiennent, soit volontairement, soit à leur corps défendant, c'est pour des raisons politiques et civiques. Ses fonctions d'explication et de mobilisation3 sont tant à usage interne qu'à usage externe. Mais ses facettes sont trop contradictoires pour qu'il puisse servir d'antidote à la division, d'autant qu'il rencontre d'autres légendaires concurrents. Autrement dit, le mythe leur échappe. Il ne suit pas les chemins désirés. Il est trop beau ou pas assez. La fidélité à la mémoire exige donc une bataille pour établir “ la Vérité ”. Elle l'exige aussi parce que les résistants, quelles que soient leurs options, se sentent, depuis 1945, investis d'une mission. Ils sont les gardiens du temple, épiant les moindres mouvements d'une bête dont ils ne cessent de se persuader, parfois abusivement, parfois plus justement, qu'elle est toujours vivante.

 

A - LES JALONS D'UN COMBAT

Dans la foulée de la Libération, les organisations de résistance sont soucieuses de rendre hommage à leurs morts. En même temps, elles désirent, par là, faire connaître l'œuvre accomplie dans la clandestinité et légitimer ainsi la place qu'elles ont conquise. Elles entendent fonder un nouveau culte civique, dans la tradition révolutionnaire. Funéraires et patriotiques, les cérémonies sont aussi pédagogiques et politiques. Leur profusion des premiers temps est une autre trace de la prégnance du modèle de l'An II, avant que les commémorations ne prennent un cours plus tranquille et plus classiquement patriotique.

 

1 - Mémoire banalisée et toujours active : la toponymie locale

C'est la trace la plus simple, la plus fréquente et celle que l'oubli touche le plus vite. La Libération vient déposer sur les murs des localités la dernière grande vague toponymique. Rien n'est venu la détrôner jusqu'à nos jours. Elle place, avec une netteté révélatrice des racines de ses acteurs, la strate de la 2e Guerre mondiale dans la continuité républicaine. Dans les localités varoises, elle vient s'ajouter à celles que la Troisième République avait laissées, celle des grands ancêtres (révolutionnaires de 1789-92 et de 1848, radicaux, anticléricaux, et socialistes) et celle, patriotique, de 1914-18. Filiation évidente, le premier acte des nouvelles municipalités de la Libération est de remettre à leur place ces noms que, sous Vichy, l'on avait voulu gommer, et d'y adjoindre ceux que l'on veut honorer4. Près des deux tiers des communes varoises (au moins 91) conservent une trace de la toponymie de la Résistance et de la Libération. Bien que ses premières marques se soient banalisées, la mémoire de la guerre et de la Résistance reste active aujourd'hui. Chaque année voit encore son lot d'inaugurations5.
Le rythme de ces inaugurations et le choix des toponymes éclairent les mouvements de la mémoire. Ils permettent de préciser une chronologie. Les premiers célébrés sont les martyrs locaux de la Résistance et de la Libération, les résistants que la mort a transfigurés en héros et en exemples. La communauté locale honore d'abord ses morts (54 communes). Ils lui sont propres et ne se trouvent que là. Dès la Libération, la Résistance au pouvoir les a consacrés : sur 31 inaugurations dont la date est connue, 28 ont eu lieu entre 1944 et 1947. Dans le même temps et de façon identique, on célèbre la Résistance en tant que force collective6. En revanche, les héros nationaux de la Résistance sont relativement peu nombreux7. Mais chacun a les siens. Quelques localités à municipalité communiste distinguent Pierre Sémard, le colonel Fabien, Guy Môquet et Danièle Casanova. Leur sont associés par souci unitaire Berthie Albrecht, Max Dormoy, Jean Zay et Pierre Brossolette. Ces deux derniers sont éventuellement honorés par des municipalités socialistes, mais celles-ci sont beaucoup moins sensibles au culte. Le grand perdant de la sélection historique, c'est le général Giraud dont plus personne n'ose se réclamer. En revanche, le général de Gaulle triomphe (38 communes). Il est aux emplacements centraux de la géographie communale, selon la logique qui les distribue en fonction de la notoriété et dont le maréchal Pétain avait bénéficié guère avant8. Il est donc sur les places, les boulevards, les quais, à peine la Libération terminée (15 inaugurations au moins en 1944-45). Mais, vite contesté ici, l'engouement s'arrête à la mi-45 et il faudra attendre sa mort pour que le temps des inaugurations revienne. La puissance du Parti communiste le fait distancer d'emblée par son champion, le Toulonnais Gabriel Péri (47 communes). Péri - de Gaulle, les deux faces des mémoires dominantes de la Résistance sont en place, parfois dans les mêmes communes (20) comme pour se faire contrepoids. Il arrive, par exemple à Cuers9, que le souci d'équilibre conduise à choisir, face à Péri, un autre héros aux racines locales, Honoré d'Estienne d'Orves, belle figure de militaire et de croyant (13 communes). Ce n'est pas encore l'heure de Jean Moulin. La mémoire de ce grand absent de la Libération prend sa revanche beaucoup plus tard, à la fin des années 60, alors qu'il commence à occuper dans la conscience nationale la place centrale qui est devenue la sienne (24 communes). Devenu le symbole même de la Résistance intérieure, assez riche pour que chaque famille résistante puisse s'y retrouver, sa “ carrière ” commémorative est loin d'être terminée aujourd'hui, en particulier du côté des établissements scolaires10.

En même temps que la mémoire résistante, la toponymie locale retient d'autres traces de la période. La date unificatrice par excellence n'est pas le 8 mai, dont la commémoration a une histoire troublée, mais la Libération. Présente dans 32 communes seulement à partir des années 60, la célébration de la victoire sur le nazisme n'est pas sans rapport avec la conjoncture et la couleur politique des municipalités. Commémoration antinazie par excellence, c'est une date idéologiquement chargée, alors que la Libération, elle, fait l'unanimité pour marquer le lieu même de l'événement (33 localités). Lorsqu’elle n’est pas glorifiée d'emblée, elle l’est plus tard, en particulier dans les années 60. La toponymie étant cocardière, sinon nationaliste, on ne s'occupe guère des unités alliés qui y ont participé et l'on préfère honorer les troupes françaises ou leurs chefs, le maréchal de Lattre de Tassigny d'abord (36 communes). S'appuyant sur le dynamisme d'associations spécifiques, animées par d'anciens militaires de carrière, cette célébration est complémentaire, mais aussi assez vite concurrente de celles de la Résistance. Significativement, c'est lorsque celle-ci s'affaiblit qu'elle démarre (en 1946) et, bien entendu, ce n'est indépendant ni du retournement politique, ni des affaires coloniales. Alors que l'une est plutôt de gauche, l'autre reçoit plutôt les faveurs des municipalités de droite. Aux côtés des mémoires gaullistes et communistes, pointe une troisième mémoire de la 2e Guerre mondiale, moins sensible aux rebelles et davantage inspirée par les valeurs militaires et apolitiques classiques.

 

2 - Mémoire sacralisée : monuments et stèles

Minoritaire dans la population, la Résistance est marginale jusque dans la géographie communale. Ses monuments ne sont pas, comme ceux de 1914-18, au centre des agglomérations. Ils sont à la périphérie, dispersés dans le terroir, souvent à l'emplacement des combats. Ce sont rarement de vrais monuments, mais plus souvent des stèles ou des plaques de médiocre dimension et de facture très simple. Certes, les résistants, comme les autres combattants de la guerre 1939-45, ont leur place sur le monument aux morts central, mais ce sont des ajouts sur un édifice qui n'est pas tout à fait le leur. Quand elle l'a pu, la Résistance s'est greffée aussi ailleurs. Consciente dans sa partie la plus politique et la plus à gauche de s'inscrire dans la lignée républicaine, voulant le souligner, elle a tenu à associer ses martyrs à ceux de l'insurrection de décembre 1851 à Aups et Barjols. Ce caractère contribue à la singulariser.

Modestes pierres aux inscriptions laconiques, les plaques de la Résistance interpellent parfois le passant de peur que l'indifférence ne s'installe : “ Français ! Souvenez-vous de la Résistance ! ” lit-on sur celle du Malay (Brovès), inaugurée le 25 août 1945. La plupart sont érigées entre 1944 et 1945, grâce à des souscriptions publiques lancées par les associations issues de la Résistance. Ce sont d'abord des lieux de pèlerinage laïcs. Attirant des foules en 1944 (1 200 personnes, le 12 novembre 1944, dans les bois du Bessillon), elles sont encore entretenues aujourd'hui par les camarades de combat des disparus, avec l'aide des municipalités. Moins fréquentées, elles ne sont pas désertées, du moins pas encore. Depuis la période de ferveur civique, il n'y a plus guère d'inaugurations nouvelles, à moins qu'il ne s'agisse de réparer un oubli ou de tenir une promesse (plaque sur la maison du colonel Duboin en 1954 ou monument aux martyrs de la Résistance à Draguignan en 1964, par exemple). Pourtant, tout récemment, quelques associations très volontaristes ont renoué avec une politique de balisage systématique des “ hauts lieux ” de la Résistance communale. L'action des associations patriotiques du golfe de Saint-Tropez est particulièrement remarquable de ce point de vue11. C'est l'un des signes de leur inquiétude récente quant au devenir de l'héritage. Mais c'est aussi la volonté de résister à l' “ impérialisme ” des commémorations de caractère militaire et de leur propension à célébrer en août le seul débarquement.

Les monuments consacrés à la Résistance ne représentent en effet que 42 % de l'ensemble de ceux qui concernent la période 1939-45. Le débarquement est commémoré en même temps, par des pierres aussi simples que celles de la Résistance. Mais, dès que la vague résistante s'étiole, sont inaugurés des monuments plus importants. Tout se passe comme si ce souvenir relayait celui, défaillant, de la Résistance (11 monuments sur 14 en faveur du débarquement). Cette inversion du rapport Résistance-troupes régulières se confirme avec les anniversaires décennaux, 1964 et 1974 surtout, où l'on assiste à une relance des inaugurations qui n'est pas sans lien avec les volontés politiques de l'époque (par exemple, le Mémorial du Débarquement au mont Faron en 1964).

Toponymie et inaugurations de monuments permettent d'établir une chronologie et de caractériser les diverses mémoires en lice. Aux inaugurations massives de l'après-libération, du temps de la Résistance au pouvoir, succède le repli à partir de 1946 et surtout de 1947. Le retournement politique favorise l'émergence de la commémoration des troupes régulières, celles qui se battent au même moment en Indochine. Depuis, c'est en fonction des rapports de forces, politiques et associatifs, locaux et nationaux, que les choses évoluent, toujours d'ailleurs dans le sens de la normalisation ce qui donne aux cérémonies de la Résistance un tour de plus en plus académique.

Trois mémoires donc 12 :
- celle des communistes fait d'emblée du peuple le héros de la Résistance13, sacralisant les jeunes prolétaires varois, morts du maquis et de la Libération, consacrant quelques grands noms emblématiques du “ Parti des Fusillés ”, faisant le maximum d'efforts pour établir et pérenniser le culte. Devenue moins politique depuis une vingtaine d'années, mémoire plutôt FTP, elle reste particulièrement active dans le Haut-Var et sur le littoral des Maures, lieux des maquis.
- celle des gaullistes est focalisée sur quelques grands hommes et surtout sur la France, à laquelle est intimement associée la geste du plus grand d'entre eux, mais elle a été gênée ici dans son développement par ses racines socialistes. Car c'est bien d'une mémoire socialo-gaulliste dont il faudrait parler à son propos, du moins dans les premiers temps, avant le divorce entre les deux courants. Il n'y a pas de mémoire socialiste spécifique pour cette raison, tiraillée qu'elle est entre sa fidélité gaulliste et son enracinement à gauche14. Cette mémoire reste active, non pas tant dans les cérémonies officielles (18 juin par exemple) que dans les commémorations funéraires qui, entre Toulon et Marseille, entretiennent le souvenir des morts et des fusillés du printemps et de l'été 1944 et qui ont toujours rassemblé ses diverses composantes.

- celle de la droite, souvent non gaulliste à l'origine, met davantage l'accent sur la période unifiante de la Libération plutôt que sur celle de la Résistance, porteuse de divisions. Cette mémoire qui n'est pas homogène et qui a tendance à aujourd'hui à intégrer la Résistance dans son patrimoine met en exergue plus volontiers les valeurs militaires. Elle est particulièrement sensible sur le littoral, et, notamment, à Toulon.

En somme, ces divisions reproduisent celles de la clandestinité, entre communistes, gaullistes et antennes extérieures non gaullistes. Elles sont entretenues par un tissu associatif complexe, très vivant, parcouru par des alliances et des antagonismes solides. Plus spécifiquement résistantes, les deux premières mémoires traversent ces années, souvent rivales, mais aussi parfois alliées, et toujours à la recherche de l'unité perdue.

 

1. In H. MICHEL et B. MIRKINE-GUETZÉVITCH, op. cit., p. 37.

2. P. GUILLAIN de BÉNOUVILLE, op. cit., p. 375 : “ La Nation attentive regarde la Résistance avec un certain remords ”.  Ses souvenirs, édités en 1946, constituent la version de droite de l'élitisme résistant qui a aussi ses versions de gauche.

3. Pour reprendre l'analyse de R. GIRARDET, op. cit., p. 13.

4. J.-M. GUILLON, Le Var..., op. cit., document 181, exemple du village de Signes (délibération août 1944). Nous avons déjà abordé cette question dans l'ouvrage collectif publié par l'IHTP, La mémoire des Français, quarante de commémorations de la Seconde guerre mondiale, Paris, Ed. du CNRS, 1986, p. 303 et suiv., “ Le Var ou le refus de l'oubli ”.

5. Dernier exemple, celui de Vidauban où le nom d'Henri Michel va être donné au groupe scolaire (1989).

6. 21 communes ; 11 dates d'inaugurations connues dont 10 entre 1944 et 1947.

7. Voir liste en annexe.

8. Souci explicite à Toulon : “ le choix des noms et leur répartition exigent une étude attentive pour tenir aussi équitablement compte que possible des différentes caractéristiques à considérer : personnalité, situation géographique et importance de la rue, valeur symbolique qui peut dériver des souvenirs, du voisinage de la famille ou de monuments, etc. ”. (ADV, cabinet 690, délibération municipale du 30 novembre 1944, au cours de laquelle on essaie de définir une attitude à ce sujet).

9. ADV, cabinet 690, délibération du 25 mai 1945, sur proposition du communiste Pastoret et par souci d' “ impartialité ”.

10. Première date d'inauguration connue : 1960 à Toulon, mais la vague ne commence vraiment qu'en 1969, date de l'inauguration de son mémorial à Salon-de-Provence. Sur les douze établissements scolaires du Var possédant un nom lié à la 2e Guerre mondiale, sept portent celui de Jean Moulin.

11. Dernière inauguration, le 14 août 1988, stèle commémorant la prise de la batterie de Trémouriès (Cogolin), venant après d'autres très récentes à la mémoire de Donatien Moulton (Gassin), sur l'emplacement du maquis du Val d'Astier (Cogolin) et à la maison forestière des Ruscas (imprimerie clandestine, Bormes). Cette politique menée à l'initiative de l'ANACR, et notamment d'Alix Macario et de ses amis, trouve un équivalent dans la région de Brignoles avec l'action de l'AN-CVR (stèles édifiées à Cabasse, La Celle, Mazaugues, Camps, Vins, Bryue-Auriac, etc.).

12. Pour nous distinguer de la thèse classique qui ne prend en compte que deux mémoires. Voir par exemple, P. NORA, “ Aux quatre coins de la mémoire ”, H-Histoire n°2, juin 1979 et R. FRANK, “ À propos des commémorations françaises de la Seconde Guerre mondiale ”, in Mémoires de la Seconde Guerre mondiale, Metz, 1984. G. NAMER, in Batailles pour la mémoire, la commémoration en France de 1945 à nos jours, Paris, 1983, p. 168, distingue mémoires communiste, gaulliste et celle du gouvernement de coalition entre 1946 et 1957, mais celle-ci ne nous paraît pas définissable.

13. Ce sera même le titre de l'un des premiers ouvrages consacrés à la Résistance provençale : Le Peuple héros de la Résistance, Paris, 1971, par le communiste L. GAZAGNAIRE, ancien membre du CDL des Basses-Alpes, ancien interné à Sisteron

14. M. SADOUN, op. cit., p. 274 constate qu' “ il est remarquable que la Résistance ne paraisse à aucun moment nourrir l'imagerie socialiste au même titre que le Front Populaire ”. C'est pour nous la conséquence du divorce avec de Gaulle, du moins jusqu'au septennat de François Mitterrand où l'on assiste à un rapprochement qui a donc des racines objectives.