CHAPITRE III

LES RÉSEAUX
À LA CONQUÊTE DES MOYENS DU POUVOIR

 

 

 

En marge des MUR, s'en distinguant par leurs structures plus que par leur base, s'activent les réseaux. Nous avons pu trouver trace de vingt-cinq d'entre eux dans le seul département du Var1. La plupart apparaissent ou se développent après l'Occupation. Cette prolifération relative est à son apogée aux approches de la Libération. Ce milieu mouvant, embrouillé, hétérogène, reste difficile à connaître pour l'époque de l'Occupation comme pour la précédente, faute de sources.

Leurs objectifs se veulent limités. Ils ne sont pas politiques, du moins directement. Ils font la guerre, et c'est sur ce seul terrain que leurs acteurs survivants entendent se placer, protestant si on les soupçonne de participer à une action qui n'ait pas une stricte finalité militaire. Mais leurs chefs appartiennent fréquemment à des courants de pensée qui ne sont pas ceux qui dominent dans les MUR et à une élite socialement différente (professions libérales, patrons ou cadres d'entreprises, hauts fonctionnaires). Les réseaux sont la structure d'accueil privilégiée de ces couches parfois liées auparavant à tel ou tel aspect du régime de Vichy, mais tout à fait favorables à la victoire des Anglo-Saxons (des Américains surtout). S'y côtoient des détenteurs d'une parcelle du pouvoir, des spécialistes du double jeu que leurs obligations professionnelles mettent au contact de l'occupant et en possession d'informations. L'opportunisme trouve là à se déployer, mais aussi le goût d'une action efficace et le refus d'un engagement dans des mouvements trop “ politiques ” (c'est-à-dire trop à gauche) pour être honnêtement vus dans des milieux où l'on fait profession d'apolitisme.

Il y a de tout dans ces réseaux, des précurseurs et des tard venus, des généralistes et des spécialistes, des organisations minuscules et d'autres de grande ampleur. Si les chefs sont le plus souvent désintéressés, matériellement parlant, parfois héroïques, leurs recrues n'ont pas toujours ces qualités. L'argent joue un rôle à double tranchant dans les réseaux qui, généralement, disposent de sommes importantes. Dépendant de l'extérieur, reconnus par cet "autre côté" qui fait rêver, ils se sentent véritablement les combattants de la grande armée alliée, non sans condescendance vis-à-vis de ceux qui ne sont pas immatriculés comme eux à Londres ou à Alger. Les officiers ou opérateurs radio débarqués ou parachutés sont empreints d'un prestige qu'ils ne méritent pas toujours, ce dont s'aperçoivent avec consternation les résistants locaux qui doivent les prendre en charge et qui pâtissent parfois de leur manque de sérieux.

Nous savons bien qu'il est partiellement artificiel de les considérer comme un tout, même si leurs objectifs, leurs moyens, leurs effectifs limités, leurs structures constituent autant de points communs. De multiples liens les unissent aux MUR. Ils les ont parfois précédés et ont aidé à les construire (ainsi du réseau Interallié, qui est une exception à beaucoup d'égards, il est vrai). Mais, plus souvent encore, ils se greffent dessus. De multiples passerelles - les hommes, les SR respectifs - les relient aux MUR, moins fréquemment au PCF ou au FN.

Pourtant, de cet ensemble divers, émerge assez tard, fin 1943, un conglomérat animé par des militaires de l'armée d'armistice qui se surimpose aux organisations existantes, se construit parfois sur les brisées des MUR et devient, en 1944, un pôle de résistance partenaire et concurrent des gaullistes “ historiques ” et des communistes. Cette évolution n'est pas indépendante d'un projet politique au moins chez leurs mandataires extérieurs, ce qui se précisera aux approches du débarquement.

Mais avant, il nous faut faire le point sur cet ensemble constitué, pour l'essentiel, de réseaux de renseignements2, en constatant d'ailleurs que le département est, pour eux, un cadre sans signification. D'où une vision forcément fragmentaire (voilà encore un domaine où des synthèses plus vastes s'imposeraient) sous forme de nomenclature principalement fondée sur leur origine extérieure.

 

A - LES ANTENNES DU BCRA

 

Les réseaux de la France Libre ne commencent vraiment à se développer qu'à partir de l'été 1942. Leur extension se fait parallèlement à celle des MUR, et avec leurs militants. Elle contribue à la marginalisation du SR des MUR. Elle est le signe de la méfiance que l'on nourrit à Londres vis-à-vis de cette Résistance, trop indépendante et trop “ politique ”.

 

1 - De Gallia à Mithridate, le renseignement avant tout

Nouveaux venus ou récupérés sur les Anglais, le BCRA dispose désormais d'un éventail étendu de réseaux de renseignements.

 

a - Gallia

Rival du SR des MUR, le réseau Gallia l'est sur tous les plans. Il est vrai que sa création a de quoi surprendre, tant il le double et l'assujettit. Son fondateur, Gorse Franklin arrive, en février 1943, avec mission de coiffer sa branche militaire3. Alors que le SR des MUR repose sur celui de Combat, Gallia se constitue sur les éléments que Libération lui passe. Par Cohan Bertal, Gorse qui sait le travail effectué dans la région (Mazur-Tazur) recrute Verviers Iverdon, déjà chef régional de Libération, en le chargeant de créer le réseau en R2. Il délègue dans le Var cette responsabilité à son chef départemental et adjoint direct, Roger Léger Leray. Libération et Gallia se confondent donc bien souvent. Hyères fournit un exemple éclairant avec le groupe rattaché depuis peu au mouvement et dont la branche renseignement est confiée à Victor Bellaguet. Mais celui-ci ignore jusqu'à son arrestation, au début juin 1943, le nom de son réseau. Son successeur, Preboist, coupé de Gallia, rejoindra le SR des MUR4.
Cette coupure suit l'arrestation de Verviers, le 11 mai, par Dunker Delage et ses hommes. Une fois au 425, rue Paradis, Verviers, qui laissera la vie à Buchenwald, tente de gagner du temps en jouant le double jeu. Il parvient, par ce moyen, à faire passer à l'extérieur la liste des résistants recherchés ou arrêtés. Il y a parmi eux l'une de ses recrues, André Ghibaudo, chef du service des étrangers de la police toulonnaise, déjà engagé dans la Résistance, comme nous l'avons signalé, et sur lequel l'OVRA a mis la main, un peu avant, le 27 avril. Son arrestation suit celle, à Antibes, d'un radio auquel il avait fourni de faux papiers. Elle n'est donc pas indépendante du renseignement, bien qu'elle ne semble pas liée à Gallia, mais plutôt au réseau du commissaire Petitjean. C'est sur celui-ci qu'il sera interrogé, avec tortures raffinées à l'appui5.

Le réseau Gallia est repris dans le Var par un officier de Fréjus, le commandant Journoud Jean-Marie. Plus nettement séparée des MUR à ce niveau-là, l'activité du réseau nous échappe alors, même si on trouve sa trace dans plusieurs localités où il possède des agents communs avec d'autres réseaux.

Après avoir pu échapper de justesse à l'arrestation, Léger et Marenco, le chef des GF, sont allés rejoindre Gorse à Lyon pour l'assister dans les services centraux du réseau. Ils sont accompagnés d'un autre Toulonnais, Jacques Elmaleh, adjoint de Marenco aux GF, qui, devenu chef des liaisons de Gallia, connaîtra une mort héroïque, en décembre 1943. Vers cette époque, Marenco dont Gorse a dû se séparer, revient dans le Var pour assurer la protection du centre régional d'émission de Gallia, connu sous le nom de Sycomore. Il est utilisé par divers réseaux et possède plusieurs émetteurs6. On repère leur présence autour du Beausset et du Castellet et, vraisemblablement plus tard (à la fin du printemps 1944), autour de Gonfaron et de Cotignac. Les petites équipes qui les servent utilisent les services, parfois rénumérés, des résistants locaux (hébergement, transports, protection). Cette implantation varoise se justifie par la volonté de constituer éventuellement, pendant les opérations de la Libération, une unité de combat et de renseignement (UCR), c'est-à-dire un centre d'émission autonome. Si la plupart des messages des réseaux du BCRA transitent par les émetteurs de Gallia, le SR des MUR de Frank Arnal n'en a pas bénéficié ou ne les a pas utilisés. On conçoit son dépit en sachant son rival pourvu de moyens d'émission et de possibilités financières plus importantes7.

 

b - Phratrie

Cette centrale est représentée par plusieurs réseaux. Ce sont Cotre, dirigé de Marseille et qui dispose à Toulon et Fréjus des sous-réseaux Largade I et II, Goélette, créée à Marseille et qui fusionne avec le troisième et le plus important d'entre eux, Tartane-Masséna.

Tartane-Masséna est centré sur Nice et les Alpes-Maritimes, mais possède dans le Var des agents importants. À Saint-Raphaël, François Crucy Lamartine est une personnalité que viennent visiter André Philip et Pierre Brossolette avant leur départ pour Londres ou André Manuel, l'adjoint de Passy, en cours de tournée d'inspection, fin novembre 1942. Il rédige la revue de presse du réseau8. À Toulon, l'antenne de Tartane est dirigée par un officier de la marine marchande, Robert Leplanquais, Leblanc ou Kervella, que l'un des responsables AS des Alpes-Maritimes, Conrad Flavian a présenté au chef du réseau, Le Crom, en décembre 1942. Homme intègre et courageux comme sa mort le montrera, Leplanquais sera écœuré, comme d'autres agents, par le successeur de le Crom à la tête de Tartane, coupable d'incurie et de gaspillage des fonds, et qu'il ira jusqu'à gifler9.
C'est à ce moment-là que le responsable du sous-réseau Dorine, dans les Bouches-du-Rhône, ami de Leplanquais, Roger Taillefer Max Gautier quitte Tartane pour passer sous l'égide du SR des MUR (sous-réseau Burin). Engagé de longue date dans le renseignement à Marseille, il a participé en juillet 1943 à la création d'un chantier forestier dans les bois du Pelenq (Moissac-Bellevue), dans le Haut-Var, avec un autre animateur de Tartane (à Antibes), le Dr Paul Schmierer. Sorte de base arrière des sous-réseaux, le chantier est surtout l'œuvre de Daniel Ungemacht Benedite, l’adjoint puis successeur de Varian Fry à la tête du Centre américain de secours de Marseille. Cette activité ayant attiré l'attention sur lui, il a été obligé de quitter Marseille et s'est reconverti dans le bûcheronnage10. Ce chantier, création originale, se voulant une sorte de coopérative autogérée, accueille des réfractaires, des Juifs, soit des citadins cherchant une “ planque ” et qui ne sont pas toujours bons forestiers. Heureusement pour sa bonne santé financière, il peut compter sur huit réfugiés espagnols. Au total, sur la centaine d'hommes qui y sont passés, une cinquantaine, au maximum, peuvent y rester, les autres se décourageant ou étant refusés. Cela en fait tout de même, en janvier 1944, l'exploitation forestière la plus importante du département. Il est, à la fois, protégé et bridé par les Eaux et Forêts qui l'ont aidé à sa création, mais qui le contrôlent et l'obligent à appliquer un prix taxé bien moins rémunérateur que celui du marché noir généralement pratiqué. Il faut toute la foi de ses animateurs et leur travail pour assurer sa survie jusqu'en mai 1944. Visité depuis janvier par des officiers résistants, de l'AS et de l'ORA, camouflés par cette administration des Eaux et Forêts (Fontès, chef de l'AS à Draguignan, Piccolet, Abiven), le chantier, maquis “ passif ”, est intégré dans la Résistance locale (l'ORA) et reçoit, par là, un parachutage d'armes dans la nuit du 10 mai 1944. Son existence n'échappe pas à la vigilance du SD qui vient le perquisitionner le 18 mai et qui arrête Ungemacht, son adjoint catalan Rebull et deux hommes (un Tchèque et un Espagnol). Le Pelenq est alors pris en main directement par les Eaux et Forêts, c'est-à-dire par l'ORA, sous la direction du lieutenant Abiven.

 

c - Marco Polo

Bien que s'auréolant de mystère, nous citons ce réseau parce qu'il paraît représentatif des petits réseaux11. Son antenne locale serait née à  peu près en même temps que celles de Phratrie, fin 1942, c'est-à-dire guère après la création du réseau lui-même. Elle a, comme elles, une implantation côtière, entre Hyères et La Ciotat. Le chef de secteur, l'architecte Fleury Linossier, contrôle onze agents. Sa vocation est essentiellement militaire. C'est ainsi que le poste de Toulon a permis à un sous-marin anglais de couler un sous-marin italien qui venait de quitter le port12. Comme d'autres réseaux, l'un de ses succès est de recruter des “ Allemands ” (deux Sudètes) et, par là, d'avoir des plans de défense ennemis.

 

d - Mithridate

L'évolution de ce réseau, appelé jusqu’ici Nilo, est intéressante. Créé en liaison avec les services britanniques par Jean Herbinger Bressac, de Saint-Raphaël, il est réorganisé en 1943, après avoir été affecté par la répression. En effet, le 8 avril, est affichée en ville la condamnation à une peine de prison par contumace d'Herbinger et celle de son adjoint, André Aalberg, par la section spéciale de la Cour de Riom. Peu après, l'autre bras droit d'Herbinger, Marius Gibelin, est arrêté par l'OVRA13. Herbinger, qui a pu gagner Londres, prend contact là-bas avec le BCRA et, lorsqu'il revient en France, deux mois après, c'est pour travailler sous son égide et sous le nom de Mithridate. À Fréjus-Saint-Raphaël, le réseau s'appuie toujours sur les membres des MUR. Son responsable local, Georges Dewaël, est un des anciens des débuts de Combat. Albert Pierrugues, chef cantonal AS, employé dans une entreprise de travaux publics depuis sa révocation de la police lui passe des renseignements avec la complicité active de son employeur qui travaille pour les Allemands (et sera réhabilité à la Libération)14.

 

2 - Brutus et Ajax, réseaux particuliers

Bien que très différents, nous groupons Brutus et Ajax. Ce sont, certes, des réseaux de renseignement, mais leur activité ne s'y cantonne pas tout à fait et déborde nettement sur le domaine politique.

 

a -Brutus

L'originalité de ce réseau, né à Marseille en 1941, est sa composition très politique et les liens étroits qui l'unissent au Parti socialiste. Il en est l'une des émanations résistantes. Il se fait l'interprète de ceux qui, avec Defferre, considèrent que les MUR évoluent de façon inquiétante15, avant qu'ils ne fondent sur lui l'espoir de construire un mouvement autonome. Son chef, André Boyer qui revient de Londres en février 1943, a pour complice son homonyme, Charles Boyer, ancien conseiller général du canton d'Aups, qui se partage entre le Var et son magasin marseillais (Aux tapis d'Orient, rue de la Palud). Il recrute dans la région dracénoise des militants, en général des MUR, qui informent aussi d'autres réseaux. André Bauchière en est le chef de groupe à La Motte, près de Draguignan. Il a commencé à fournir des renseignements en juin 1943, à la demande de Boyer, mais continue à les passer à Mithridate, avec lequel il était en contact auparavant16. Cazelles, dont nous avons vu les responsabilités dans les MUR, informe lui aussi les deux et un réseau anglais. À Toulon, Brutus possède un sous-réseau depuis décembre 1942. Il est dirigé par Albert Lamarque qui lui a donné son pseudonyme : Laval... Recruté par André Boyer, Lamarque lui passe des renseignements hebdomadaires, surtout sur l'arsenal où il a longtemps travaillé et milité, ainsi que sur La Seyne où il était l'adjoint au maire. Mais il donne le même matériel au SR des MUR17.

Le réseau Brutus n'a pas dans le Var l'importance qu'il paraît avoir dans d'autres départements du Midi où, peut-être, l'intégration est moins poussée entre les socialistes et les MUR. La tentative pour en faire une force de résistance exclusivement socialiste sera tardive et ne donnera pas grand résultat.

 

b - Ajax

Alors que Brutus et les MUR s'interpénètrent sans que cela pose problème, les relations de ces derniers et d'Ajax sont plus tendues. Créé par Achille Peretti, de retour de Londres, en juillet 1943, Ajax a pour objectif la conquête de la haute administration. Il intervient donc dans le domaine du NAP, mais en élargissant la Résistance au point d'être considéré comme un instrument commode pour “ blanchir ” des fonctionnaires importants18.
Dès ses débuts, Peretti peut compter sur le concours du commissaire Hacq, chef de la Sûreté de Toulon, et de ses adjoints, les inspecteurs Torricini et Corsini, qu'il trouve à Nice, en fuite, après le démantèlement du réseau américain dont ils s'occupaient. Il charge Hacq de diriger la centrale du réseau, installée à Lyon. Grâce à lui et par l'intermédiaire de deux policiers marseillais de la Surveillance du territoire, Ajax recrute deux membres du cabinet du préfet, Maurice Richier, son secrétaire, et Roger Mouret, chef de bureau. Avec l'aide de l'omniprésent Cazelles et la complicité d'employés, ils cachent un émetteur dans la préfecture à la fin 1943. Cet émetteur fonctionne jusqu'à ce que les deux fonctionnaires, prévenus par leurs contacts marseillais de la police d'une dénonciation, soient obligés de quitter Draguignan et de se cacher dans la campagne, fin avril- début mai 194419.
La greffe qu'Ajax opère parfois sur les MUR irrite Jean Gemahling, responsable national de leur SR, qui dénonce “ une véritable escroquerie au préjudice des M.U.R. ”20. Sur ce terrain du renseignement, les MUR sont aussi sur la défensive. Ce problème que ce soit avec Ajax ou avec un autre réseau n'est guère perceptible de la base où la soif d'action des militants qui le peuvent et le veulent trouve à s'étancher en participant à tout ce qui, français ou étranger, leur en donne la possibilité.


 

1. Voir liste en annexe.

2. Les réseaux autres que ceux de renseignement sont de peu d'importance dans le Var. Nous le verrons avec le SOE pour les réseaux d'action. Quant aux réseaux d'évasion, le seul dont on trouve une trace est celui que le Dr Menanteau anime à Toulon pour venir en aide aux prisonniers en fuite. Est-ce une branche locale de celui que le Belge Albert Guérisse (Pat O'Leary  que nous avons vu emprisonné à Toulon en 1941) et l'Anglais Ian Garrow dirigent à Marseille ? On ne le sait. Y auraient été associés l'abbé Robineau et la revendeuse de fruits et légumes, Esther Poggio qui sera plus tard arrêtée, à Monaco, comme agent de liaison d'un réseau belge (Reims-Jenny, lié au BCRA). Ils seront fusillés tous les deux, à Nice, le 15 août 1944.

3. AN, 72 AJ 57, tém. Gorse, juin-juillet 1947 (M. Granet). Pour PASSY, op. cit., t. 2, 10, Duke Street, Londres, p. 275, cette création se justifie pour centraliser les informations militaires. Voir aussi H. FRENAY, op. cit., p. 313.

4. V. Bellaguet, tém. cit.

5. C.-L. FLAVIAN, op. cit., p. 248 et 275 : supplice par la faim et supplice du giro qui contraint le prisonnier à tourner dans une pièce jusqu’à épuisement.

6. Le chef de Sycomore dans la région de Toulon est le lieutenant René Brissaud Biscouly Gaëtan, Léo (qui n'a pas répondu à une demande de renseignements). L'antenne varoise est mise en place en mars 1944.

7. Le budget de Gallia est de 750 000 F fin 1943 et de quatre à cinq millions par la suite (tém. Gorse déjà cité).

8. AN, CHG, CAS, tém. Crucy, s.d. : revue de presse commune en fait à toute la centrale Phratrie. Il est aussi en contact avec Cotre. Sur Phratrie, H. NOGUÈRES, op. cit., t. 3, p. 102-103.

9. C.-L. FLAVIAN, op. cit., p. 76-79. Flavian est un officier de la Légion étrangère, tôt engagé dans la Résistance. Tartane aurait 300 agents dans la région. Par l'un de ceux-ci, de Smolensky Khéops, le réseau obtient le double des clés du coffre-fort de l'arsenal de Toulon. Sur Kervella, AN, 72 AJ 71, Tartane, tém. Mme Rignon, 26 février et 11 mars 1947 (M. Granet) et tém. R. Taillefer 1980.

10. Sur Ungemacht, son tém. sur 1940-41 à Marseille, D. BENEDITE, La filière marseillaise, Paris, 1984 ; malheureusement, la suite de ses souvenirs, son expérience varoise, n'a pas été publiée. Il nous a autorisé à la lire en complément de son tém. 1980 (autre tém., 24 novembre 1947, Melle Patrimonio, Fonds Masson), tém. R. Taillefer et Gabriel-Henri Blanc 1980 grâce auxquels nous avons eu accès au journal de bord du chantier.

11. Compte rendu d'activité, très peu précis, reproduit in V. MASSON, La Résistance ... op. cit., p. 61. Ce réseau est créé officiellement fin 1942. Il a sa centrale à Lyon.

12. AN, CHG, Marco Polo, tém. Saint-Gast, 13 mars 1946 (Lecourvoisier)

13. Il est arrêté le 3 mai et restera dans les prisons italiennes jusqu'à la Libération. Herbinger est condamné, le 23 mars, à cinq ans de prison et 10 000 F d'amende et Aalberg à trois ans. Ce dernier sera arrêté par l'Abwehr le 10 octobre suivant et meurt quelques jours après.

14. A. Pierrugues, tém. cit. Il s'agit de l'entreprise Traversa.

15. H. NOGUÈRES, op. cit., t. 3, p. 198 : André Boyer a porté à Londres, en février 1943, une lettre où Defferre exprime son ressentiment.

16. ADV, 1 W 108, tém. Bauchière, dactyl., La Résistance à La Motte. Bauchière a été relié à Mithridate (ou plutôt à Nilo) en novembre 1942.

17. AN, CHG, CAS, tém. Lamarque, s.d.

18. C. d'ARAGON, op. cit., p. 176.

19. Tém. M. Richier 1980. La question se pose de savoir si l'émetteur en question est effectivement un émetteur Ajax, comme le laisse entendre les témoins, ou si c'est celui d'un autre réseau (Azur ou de Paoli, radio de la mission Pelletier).

20. AN, CHG, Ajax, rapport du 27 novembre 1943.