PREMIERE PARTIE

DE JUIN 1940 à NOVEMBRE 1942 :
LE VAR DANS LA RÉVOLUTION NATIONALE


La vague " blanche " déferle avec d'autant plus de facilité qu'elle ne paraît rencontrer aucune opposition. Le ralliement est-il aussi total ? Cette période n'est pas un bloc. Les premiers mois, ceux de l'été 1940, sont ceux de la transition. La Troisième République et ses serviteurs reconnus sont balayés et remplacés. C'est le moment des illusions. C'est aussi celui de la confusion entre le régime que l'on commence à qualifier d'ancien et sur la lancée duquel on vit encore et le nouveau qui se cherche sous la pression des vainqueurs. Mais déjà les premières mesures balisent l'avenir. Le triomphe dure un an. La confusion est alors celle des esprits. La clarification s'opère progressivement, sur fond de pénurie, au rythme de la revanche politique et de la collaboration. L'Allemagne nazie triomphe dans la guerre, mais ceux qui ont misé sur sa victoire n'en perdent pas moins les positions conquises dans le désarroi de la défaite. Ils continuent certes d'occuper les places, mais ils en sont devenus des titulaires illégitimes et parfois indignes aux yeux d'une fraction croissante de l'opinion. En 1942, et particulièrement à partir d'avril, les jeux sont faits. La Résistance reste à construire, mais l'opposition qui n'était pas inexistante auparavant est devenue majoritaire.