Hélène Taich à Marseille en 1942 Roger Le Roux partant pour le maquis
Hélène Taich est une jeune Roumaine arrivée à Paris en 1937, en contact avec la plupart des dirigeants de la FTP-MOI (Main d'œuvre immigrée) qui passent en Provence. Elle transporte des armes, participe aux actions. (1)
La grande aventure commence en février 1944 pour Roger Le Roux qui, à 19 ans, a décidé de rejoindre le maquis AS de Figanières. Comme beaucoup de maquisards en août il s'engagera dans la 1ère DFL et rentrera chez lui en décembre 1945. (2)
(3)
1- L'innocence et la ruse de Grégoire Georges-Picot, p.74
2- Photo de la collection Dine Le Roux
3- "Ballade de celui qui chanta dans les supplices" publié en 1943 par Louis ARAGON dans l'anthologie clandestine L'honneur des poètes (Editions de minuit), récité par Philippe Chuyen. Ce poème est dédié à Gabriel Péri, dirigeant communiste né en 1902 à Toulon et fusillé en 1941.
Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
Une voix monte des fers
Et parle des lendemains
On dit que dans sa cellule
Deux hommes cette nuit-là
Lui murmuraient "Capitule
De cette vie es-tu las
Tu peux vivre tu peux vivre
Tu peux vivre comme nous
Dis le mot qui te délivre
Et tu peux vivre à genoux"
Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle pour les lendemains
Rien qu'un mot la porte cède
S'ouvre et tu sors Rien qu'un mot
Le bourreau se dépossède
Sésame Finis tes maux
Rien qu'un mot rien qu'un mensonge
Pour transformer ton destin
Songe songe songe songe
A la douceur des matins
Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle aux hommes de demain
J'ai tout dit ce qu'on peut dire
L'exemple du Roi Henri
Un cheval pour mon empire
Une messe pour Paris
Rien à faire Alors qu'ils partent
Sur lui retombe son sang
C'était son unique carte
Périsse cet innocent
Et si c'était à refaire
Referait-il ce chemin
La voix qui monte des fers
Dit je le ferai demain
Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
O mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce fut
Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en allemand
L'un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement
Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains
Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglant est levé
D'une seconde rafale
Il a fallu l'achever
Une autre chanson française
A ses lèvres est montée
Finissant la Marseillaise
Pour toute l'humanité